L’arrivée d’un bébé est souvent l’opportunité de s’interroger sur la qualité et la provenance de l’alimentation. Le lait est-il un « aliment-santé » ? Comment est fabriqué un lait infantile ?

De nombreuses informations circulent sur les conséquences néfastes du lait sur la santé, émanant, entre autres, du Pr Henri Joyeux, qui fait la une des médias.

Qu’en est-il pour l’alimentation des bébés, dont le lait est l’aliment principal jusqu’au premier anniversaire ? Comment répondre aux problèmes d’allergies et intolérances alimentaires au lait de vache chez le nourrisson et le jeune enfant ? Quelles sont les solutions alternatives ?

COMPRENDRE LA PHYSIOLOGIE DIGESTIVE DU NOURISSON

Connaître la physiologie du nourrisson permet de comprendre ses besoins nutritionnels et d’adapter son alimentation. Les fonctions digestives, d’absorption et d’élimination du nouveau-né ne deviennent matures que progressivement.

Les enzymes chargées de la digestion des protéines sont faibles jusqu’à dix-huit mois, alors que la digestion des graisses est opérationnelle vers trois mois. Les capacités digestives du pancréas sont totalement établies vers trois ans. Ce qui est bien assimilé d’emblée, ce sont les sucres du lait maternel par les disaccharides et les graisses par la lipase, enzyme de dégradation présente dans le lait maternel mais absente du lait de vache. Les fonctions hépatiques sont rapidement surchargées par l’élimination des déchets protéiques et les additifs. Quant aux reins, leurs fonctions d’éliminations protéiques et sodiques arrivent à maturité vers deux ans.

L’intestin, encore immature, a une perméabilité excessive et peut laisser passer des protéines étrangères si elles sont apportées trop tôt. Le tube digestif à la naissance est stérile et l’intestin grêle se colonise lors du passage du bébé dans la filière génitale et dès que le nourrisson entre en contact avec l’environnement. Cela lui permet d’acquérir une flore bactérienne intestinale qui renforce la muqueuse intestinale et lui confère peu à peu sa perméabilité sélective.

LES PROBLÈMES D’ALLERGIES ET D’INTOLÉRANCES ALIMENTAIRES DES 0-3 ANS

Les allergies et intolérances alimentaires touchent 8 % environ de la population des enfants en France. La variabilité des symptômes peut rendre le diagnostic difficile. Les nourrissons (0-2 ans) et les enfants sont particulièrement concernés par les problèmes d’allergies ou d’intolérances au lait, du fait qu’il constitue le premier aliment. Lors de l’introduction d’un substitut de lait maternel, trois réactions peuvent se manifester chez certains enfants.

L’allergie est une réaction du système immunitaire anormale, inadaptée et excessive. C’est un affolement vis-à-vis d’une substance protéique que l’on nomme allergène. La libération d’une grande quantité d’histamine entraîne des symptômes qui n’apparaissent que lors du second ou troisième contact avec l’aliment allergénique. Les symptômes sont alors immédiats et se manifestent sur le plan digestif (vomissement, diarrhée, douleurs abdominales…) et/ou extra-digestif (urticaire, asthme, eczéma, bronchite…). Dans le sang, on trouve des anticorps de type IgE.

L’intolérance alimentaire est caractérisée par l’absence d’une ou plusieurs enzymes permettant la digestion d’un aliment. Par exemple, dans l’intolérance au lactose, le patient ne peut digérer le lactose du lait car il ne possède pas de lactase : il présentera des signes digestifs, vomissements, diarrhée… Le système immunitaire n’intervient pas dans l’intolérance.

L’hypersensibilité alimentaire, générée par un « intestin poreux », ne donne aucun symptôme violent, ni immédiat et peut induire des troubles très disparates, difficiles à relier à la cause alimentaire. On retrouve dans le sang des anticorps IgG.

Attention ! Certains bébés manifestent des réactions d’intolérance ou d’allergie alors qu’ils sont nourris au lait maternel. En effet, chez la maman qui allaite, une alimentation inadaptée, riche en sucre et en gluten, acidifiante, avec de mauvaises associations alimentaires, peuvent être à l’origine de l’agression de la muqueuse de la paroi intestinale maternelle qui devient poreuse et laisse passer de grosses molécules non digérées dans le sang. Si ces molécules ne sont pas éliminées par le foie de la maman, elles peuvent passer dans le lait maternel et provoquer des troubles digestifs chez l’enfant. L’alimentation de la maman est donc primordiale pendant l’allaitement. Certains enfants allaités voient leurs problèmes disparaître quand la maman supprime les produits laitiers ou le gluten par exemple.

LES PRÉPARATIONS INFANTILES

Il existe 3 catégories de laits infantiles :

– Lait dit 1er âge (0 à 6 mois)

– Lait dit 2ème âge (6 mois à 12 mois)

– Lait de croissance (12 mois à 36 mois)

Certains laits sont dits de confort : « AR (Anti Reflux) », « Confort », « Premium », « Satiété »…

25% des bébés souffrent de coliques, 40% souffrent de régurgitations.

Mais, l’intérêt clinique de ces laits n’a pas été démontré (selon le Comité de nutrition de la société française de pédiatrie). Ils sont quasi inexistants dans les pays voisins ou en Amérique du Nord. Cette multiplicité ne se justifie pas scientifiquement.

1 – Qu’est-ce qu’une préparation infantile ?

C’est une préparation industrielle qui constitue un substitut dont les composants se rapprochent, au mieux, du lait maternel. Sa composition répond à des textes réglementaires très précis qui fixent les limites maximales de composition pour tous les nutriments et autorisent l’emploi de certains ingrédients.

2 – Composition des préparations infantiles

La composition nécessite l’ajout de nutriments (vitamines, minéraux, acides aminés, nucléotides..) pour répondre à des fins réglementaires. La qualité des diverses formulations dépend en grande partie du procédé de fabrication.

En effet, le procédé de fabrication est généralement l’atomisation qui permet une bonne homogénéité du produit lors de la reconstitution mais comporte des inconvénients majeurs liés au traitement thermique.

Le « lait infantile » standard est élaboré à partir de lait de vache écrémé et transformé. On y trouve :

des matières grasses : de l’huile (palme, colza, olive, tournesol, maïs ou coco), EPA et DHA.

des glucides : maltodextrine ou lactose ou maltose ou saccharose ou dextrine ou amidon.

des vitamines : A, D3, E, C, K, toutes les vitamines B.

– des minéraux : magnésium, zinc, potassium, manganèse, fer, sodium.

– et en option : ferments lactiques probiotiques, pré-biotiques, taurine, choline et nucléotides.

Enfin, seules certaines protéines sont autorisées actuellement : les protéines de vache, les protéines de soja, l’hydrolysat (1) de protéines lactoserum dérivés de protéines de vache ou de protéines de riz.

A savoir, 15 à 40 % des enfants allergiques aux protéines de lait le sont aussi aux protéines de soja (on parle d’allergies croisées).

Une formule dite biologique doit répondre aux mêmes normes qu’un lait infantile standard, mais il est formulé à partir de lait de vaches issues d’élevage biologique ou biodynamique (Demeter). Toutes les matières premières sont d’origine biologique : en particulier huiles végétales de première pression à froid, biologiques non hydrogénées. L’usage des OGM, pesticides et produits chimiques de synthèses est exclu du cahier des charges.

3 – La formulation des laits pour nourrisson présente de nombreux inconvénients

On note la présence d’huiles de mauvaise qualité, de maltodextrine, d’aliments pouvant être génétiquement modifiés et de nutriments de synthèse.

Certains fabricants ont commencé à ajouter des probiotiques (souches de bactéries vivantes bénéfiques pour la flore intestinale). Cependant celles-ci nécessitent des conditions de survie spécifiques et, malheureusement, les tests effectués sur de nombreux produits qui prétendent contenir des probiotiques montrent que ceux-ci arrivent détruits par l’acidité gastrique et sont donc sans utilité.

La maltodextrine est souvent la source glucidique principale : c’est un sucre dont l’index glycémique est élevé, ce qui fatigue beaucoup de pancréas du jeune enfant, contrairement au lactose qui libère de l’énergie de façon constante. De plus, la maltodextrine peut entraîner des troubles digestifs à type de diarrhées.

Le lactose étant la principale source de glucides du lait maternel, on choisira donc une formule infantile à base de lait de vache plus riche en lactose qu’en maltodextrine.

Les nutriments essentiels ajoutés, vitamines et minéraux peuvent entrer en concurrence ce qui, de ce fait, rend la préparation moins nutritive qu’on pourrait le penser en lisant la formule indiquée sur l’emballage. De plus, la supplémentation en acides gras essentiels n’est souvent pas de bonne qualité : EPA et DHA sont obtenus à partir d’huiles de poissons, de champignons ou d’algues fermentés à l’aide d’un solvant chimique neurotoxique. Par ailleurs, même de bonne qualité, ces acides gras sont fragiles et sont facilement endommagés par la chaleur, la lumière, le temps, le stockage.

4 – La fabrication du lait en poudre 1er et 2ème âge

La fabrication du lait artificiel comporte plusieurs étapes, dont celle d’enlever la majeure partie des graisses et des protéines du lait. En effet, le lait de vache contient un surplus de protéines : plus du triple de ce que contient le lait maternel. Cet excès protéique constitue l’un des plus grands dangers pour le bébé.

L’écrémage total du lait de vache carence le bébé en cholestérol, pourtant essentiel puisque, support de la membrane cellulaire, il est indispensable pour la transmission nerveuse et le développement du cerveau. Le lait maternel en est très riche et fournit également beaucoup de nutriments qui facilitent son absorption, ce qui souligne son importance pour l’être humain.

Le traitement à haute température de toutes les formules infantiles (en poudre ou liquide pour les laits dits de croissance) dénature les protéines qui perdent leur capacité naturelle à fonctionner normalement, les rend susceptibles de perturber le système immunitaire et digestif. En effet, le traitement thermique engendre des composés indésirables issus des réactions de Maillard. Ce sont des réactions chimiques très complexes et aléatoires entre les sucres et les acides aminés qui se produisent lors du chauffage des aliments et qui induisent la création de molécules pouvant être mutagènes ou toxiques.

COMMENT CHOISIR UN LAIT POUR MON BÉBÉ ?

Young father holding and feeding her baby. Smiling and holding a baby bottle full of milk

On trouve aujourd’hui dans le commerce 160 préparations pour nourrissons ! De quoi donner le vertige face aux rayonnages…
Cinq critères de choix peuvent être retenus :

1 – Lait d’origine biologique

Le lait de vache issu de l’agriculture conventionnelle est riche en résidus toxiques. Aucune réglementation n’en limite la teneur (Science et Vie, mars 2008).

Spécialités : Holle, Baby bio, HIPP, Prémibio, Picot Bio, Physiolac Bio.

2 – Une teneur basse en protéines

Le lait maternel contient 10 g de protéines/l, quantité qui respecte la croissance staturale du petit de l’homme, beaucoup plus lente que celle des autres mammifères.

Le bébé ne peut pas métaboliser une quantité aussi importante de protéines que celle contenue dans le lait de vache, lequel génère la croissance ultra-rapide d’un petit veau. Les surcharges protéiques altèrent les fonctions rénales et hépatiques immatures, en entraînant plus de déchets.

La formule infantile en protéines doit être inférieure à 1,35 g pour 100 ml.

Spécialités : Baby bio, Modilac, Nidal confort, Milupa, Prémibio 1er âge, Bébé

Mandorle.

3 – Teneur faible en caséine et teneur élevée en protéines solubles (rapport proche de celui du lait maternel)

Le rapport caséine sur protéines solubles du lait maternel est de 40/60 alors que celui du lait de vache est de 80/20. La caséine coagule en gros flocons au contact de l’acidité gastrique et ralentit la vidange gastrique, ce qui explique pourquoi le bébé s’endort profondément après et même souvent pendant la prise du biberon, tandis que le bébé au sein s’assoupit. De plus, les caséines peuvent se transformer en casomorphines molécules proches de l’opium.

Plus il y a de caséine, plus bébé est rassasié… mais constipé !

Les laits dit « HA » (Hypo allergéniques) sont les plus proches de la composition du lait maternel.

Spécialités : Baby bio, Modilac, Nidal confort, Milupa, Prémibio 1er âge, Nutricia confort, Bébé Mandorle

4 – Qualité et teneur des acides gras essentiels (oméga 3 et 6)

Le lait maternel contient 40 à 60 % de graisses saturées, 35 % de mono insaturées et entre 15 à 20 % de polyinsaturés (AGPI), le rapport doit être de 1 (oméga 3) sur 5 (oméga 6). Cette composition varie sensiblement en fonction de l’alimentation de la maman et de l’âge de l’enfant. Les AGPI sont indispensables au bon fonctionnement de la vision, du système nerveux et ils ont aussi une action immunomodulatrice.

Spécialités : Baby bio, Modilac, Nidal natéa, Milupa, Prémibio 1er âge, Nutricia confort.

5 – L’absence d’huile de palme

L’acide palmitique est semble-t-il pro inflammatoire, le lait maternel en contient très peu. L’huile de coco possède la composition en acides gras la plus proche de celle du lait maternel qui est riche en acides gras saturés (50%). Un taux d’acides gras insaturés trop élevé favorise le stress oxydatif car les enzymes anti-oxydantes du bébé (catalase, SOD, etc.) sont en quantité insuffisante et immatures par rapport à celles d’un adulte. Les huiles vierges et bio de noix de coco ou de tournesol, répondent au profil d’acides gras équilibrés.

Spécialités : Baby bio, Prémibio 1er âge, Bébé Mandorle.

Rappelons que le choix d’une préparation pour nourrisson la plus adaptée sera déterminé selon les conseils d’un professionnel de santé avisé.

De 0 à 6 mois

Le lait maternel est l’aliment idéal pour le nourrisson. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande au minimum 6 mois d’allaitement.

Le lait dit hypoallergénique « HA », est un lait à base de substituts de protéines hydrolysées, vendu exclusivement en pharmacie : c’est un lait de prévention des manifestations allergiques, mais sans intérêt pour les enfants intolérants aux protéines de lait. Il est souvent conseillé pour prendre le relais de l’allaitement ou lors du sevrage si le terrain familial est allergique.

En cas d’intolérance ou d’allergie aux protéines de lait de vache, il faut se tourner vers des préparations infantiles respectant la réglementation européenne, à base de protéines de soja ou de protéines de riz. Cependant l’AFSSA déconseille le soja. Les hydrolysats de protéines de riz semblent offrir une nouvelle alternative de bonne tolérance, surtout en cas d’allergie ou d’intolérance digestive. La protéine de riz a un profil protéique très proche de celui du lait maternel.

Spécialités : Bébé Mandorle, première préparation biologique issu d’hydrolysat de protéine de riz, sans lait, sans soja, sans huile de palme ni gluten. Le procédé de fabrication est un traitement exclusif à basse température.

Vers 6 mois, la première étape de la diversification

La diversification permet de passer d’une étape lactée à une alimentation variée.

Elle peut commencer dès 5 mois, mais il est conseillé d’attendre 7 mois chez les enfants allergiques ou avec des antécédents allergiques familiaux. Elle se caractérise par l’introduction progressive de fruits, légumes et céréales sans gluten. Les introductions alimentaires sont intimement liées à la maturation de l’appareil digestif et au développement psychomoteur. Il est donc important de respecter l’évolution du bébé et de rester à l’écoute de ses besoins car chaque enfant est unique, avec son propre rythme. Pour assurer la diversification dans des conditions optimales, les aliments doivent être introduits l’un après l’autre, progressivement, séparément et en petites quantités, en espaçant de 3 à 5 jours chaque nouvel aliment introduit afin de vérifier la tolérance. Les recettes doivent de préférence être simples pour minimiser les risques d’allergies alimentaires.

Faut-il passer à un lait dit 2ème âge, à partir de six mois ?

Il y a peu de justifications claires sur le plan scientifique pour distinguer ces deux catégories : 1er âge et 2ème âge. C’est essentiellement sous la pression des acteurs économiques que leur différenciation au sein de la réglementation a été maintenue.

Concrètement, ces préparations n’ont pas les mêmes caractéristiques de composition, notamment en ce qui concerne les teneurs en fer, en vitamine D et en protéines. Les différences sont néanmoins pour la plupart d’entre elles assez minimes. Cependant, en ce qui concerne les protéines, la différence est surprenante car les laits 2ème âge en contiennent davantage, alors que la diversification alimentaire peut en apporter par ailleurs !

Contrairement à nous, les pays anglo-saxons utilisent le lait premier âge jusqu’à un an.

À partir d’un an, le lait de croissance ?

C’est un lait UHT enrichi en vitamine C, fer, lactose, acides gras et arôme de vanille.

Outre son procédé de fabrication à ultra haute température, sa composition n’est pas réglementée, certains laits de croissance sont mêmes surdosés en vitamine A.

Le lait de croissance, bio ou pas, n’est pas indispensable. Onéreux, il accoutume par ailleurs précocement l’enfant au goût sucré. En France, le collège National des Généralistes Enseignants ne recommande pas la consommation de laits de croissance pour les enfants âgés de un à trois ans.

LES ALTERNATIVES AU LAIT DE VACHE

Le « lait » de soja

Promu comme étant la panacée de la santé, les produits de soja sont devenus populaires. Mais le lait de soja peut être responsable de troubles à tous les âges.

Il est important de connaître les risques de santé liés à la consommation de soja.

Des études ont montré que le soja peut :

– bloquer la fonction thyroïdienne (précaution pour les bébés qui ont une hypothyroïdie congénitale),

– altérer la dégradation des protéines,

– perturber le système endocrinien,

– irriter le système digestif par la présence de phytates,

– favoriser les calculs rénaux par la présence d’oxalates,

– augmenter le besoin en vitamine B12, parce que le soja peut bloquer la capacité de la B12 d’être absorbée (la B12 est essentielle pour prévenir l’anémie) ;

– très souvent être génétiquement modifié,

– bloquer l’absorption des minéraux essentiels comme le fer, le zinc, le magnésium, le cuivre et le calcium, par la grande quantité de phytates qui chélatent les minéraux.

Les « laits » végétaux

Souvent présentées comme une alternative au lait de vache, les boissons végétales sont des aliments à part entière, il ne faut pas chercher dans ces boissons une équivalence avec le lait. Les boissons végétales ne contiennent pas de lait animal, le mot « lait » illustre la couleur blanche. Les boissons végétales appartiennent aux aliments de consommation courante. De ce fait, elles peuvent être consommées dans le cadre de l’introduction alimentaire à partir du sixième mois, quand il est temps d’emmener le bébé vers la diversification alimentaire.

Parmi les laits végétaux existant sur le marché, il est important de distinguer les formes instantanées en poudre de celles qui sont commercialisées directement sous forme liquide.

Les boissons végétales liquides prêtes à l’emploi ne répondent pas du tout aux attentes qualitatives nutritionnelles pour nourrir son enfant jusqu’à 3 ans. Il faut donc choisir une préparation en poudre, à haute teneur en oléagineux ou châtaignes avec plus de 60% de fruits : la poudre sera obtenue par pressage, pour une haute valeur nutritionnelle.

Données en complément d’une alimentation diversifiée, les boissons végétales instantanées de qualité supérieure sont des sources de nutriments très assimilables et de hautes valeurs énergétiques. La biodisponibilité d’une substance correspond à la quantité réellement absorbée dans l’organisme et donc disponible pour l’activité biologique dans les cellules et les tissus. Entre la teneur moyenne contenue dans un aliment et l’absorption estimée, il y a très souvent une déperdition conséquente.

Les vitamines et minéraux ajoutés dans les préparations infantiles sont des compléments isolés. Quelle est leur biodisponibilité ? Les sels calciques ajoutés ne sont pas tous solubles dans l’eau et ont tendance à précipiter au fond du biberon, des cofacteurs sont indispensables pour l’assimilation…

Consommer un aliment le moins dénaturé possible permet d’avoir son « totum », c’est-à-dire son potentiel minéral et vitaminique dans sa totalité : « Le tout est plus que la somme des parties » ! Les principales boissons végétales pour le jeune enfant sont les boissons à l’amande et à la châtaigne.

Boisson végétale à l’amande

Tous les laits d’amande ne se valent pas même lorsqu’ils ont tous le label AB.

En effet, selon les fabricants, plusieurs points diffèrent qui interviennent directement dans la qualité du produit fini :

– la qualité et le mode de stockage des fruits,

– la proportion d’amande mise en œuvre dans la composition,

– le processus de transformation utilisé nécessaire à l’obtention du produit fini.

En retirant l’enveloppe de l’amande lors de l’émondage, on ôte l’acide phytique déminéralisant. Cette enveloppe du fruit serait également responsable d’une sensibilité allergisante. La poudre issue de l’amande entière est un peu trop riche en lipides : un dégraissage partiel à froid de la matière première convient mieux à l’alimentation du nourrisson et prend en compte sa maturité digestive.

Si les étapes nécessitant un chauffage ne sont pas maîtrisées par les fabricants, cela est dommageable aux nutriments thermosensibles comme les acides gras.

L’amande se positionne parmi les oléagineux les moins allergisants. Riche en calcium végétal bio disponible, elle répond aux besoins de la croissance et de la minéralisation. Sa haute teneur en magnésium et en vitamine B en fait également un aliment de choix pour l’équilibre nerveux.

Spécialités : Boisson végétale à l’amande La Mandorle, De Bardo, Prémiamande.

Boisson végétale à la châtaigne

Elle constitue un apport glucidique de bonne qualité : 38 à 41 %. En effet, elle se démarque notamment par son apport équilibré en glucides lents et rapides qui représentent l’essentiel des constituants énergétiques. Ses glucides (38 % du poids total) sont composés de 40 % d’amidon, soit deux fois plus que la pomme de terre.

Elle contient 2/3 de sucres lents et 1/3 de sucres rapides, réalisant l’équilibre glycémique idéal pour fournir de l’énergie dans la durée. Son apport protéique est faible (2,6 %). Les protéines de la châtaigne sont déficitaires en méthionine et cystéine (acides aminés soufrés) mais riches en lysine. Une association avec du lait d’amande ou des céréales peut s’avérer très intéressante du fait de la complémentarité de leurs profils protéiques.

Spécialités : Boisson végétale à l’amande et châtaigne La Mandorle, De Bardo : Bardojum’.

À partir de quel âge puis-je donner des boissons végétales à mon enfant ?

L’allaitement maternel est à privilégier dans la mesure du possible. Par la suite ou en même temps, les boissons végétales peuvent être données au moment de l’introduction alimentaire, à partir de six mois, particulièrement en cas de sensibilité digestive : allergie, intolérance au lait de vache et aux protéines de soja.

Remarque : Les laits pour nourrissons, fabriqués à partir d’hydrolysat de protéines de riz, sont des préparations infantiles d’origine végétale, qui répondent à la réglementation et peuvent être données au bébé dès la naissance. Elles ne sont donc pas classées dans les boissons végétales. Par contre il existe une boisson végétale, en poudre, à base de riz et d’amandes (La Mandorle), intéressante pour la minéralisation : elle pourra être donnée à partir de 6 mois, dans le cadre de la diversification, en alternance avec les boissons à l’amande ou à la châtaigne.

Rappelons que le « lait » de riz liquide n’offre pas une alternative végétale de qualité pour les jeunes enfants. C’est une boisson qui contient peu de protéines, avec un déficit en lysine. Sa forte teneur en glucides lui confère un index glycémique élevé. C’est une boisson très pauvre au niveau nutritionnel.

COMPLÉTER LES BOISSONS VÉGÉTALES

Acides gras essentiels

Malgré les soins apportés à l’élaboration d’une boisson végétale, il est nécessaire de supplémenter tous les jours le biberon des graisses. Elles sont un des premiers besoins de l’organisme. Toutes les familles d’acides gras sont indispensables, c’est dans l’équilibre des unes avec les autres que tout se joue. Les acides gras sont utilisés par nos cellules pour renforcer la qualité générale de leur membrane, leur souplesse et leur fluidité. Le cerveau, le système neurosensorielle du bébé ont besoin d’acides gras à longue chaîne que l’on nomme acide arachidonique (oméga 6) et acide docosahexaénoïque (oméga 3) ou DHA. On trouve ces acides gras dans les poissons gras, mais avant que bébé en consomme il faire autrement pour lui en apporter. Le lait maternel y pourvoit parfaitement, les préparations infantiles dans une moindre mesure, le premier bon geste consiste à inclure des mélanges d’huiles riches en une diversité d’acides gras mono insaturés et polyinsaturés. La formulation de l’huile pour bébé Quintesens, répond aux critères de qualité et d’équilibre des acides gras.

En cas d’intolérance alimentaire par carence enzymatique, d’immunité affaiblie et d’allergies, pour relancer et soutenir le métabolisme, l’huile de bourrache ou d’onagre sont directement assimilables et ne nécessitent pas d’enzyme de transformation

L’acide gamma-linolénique (GLA) : acide gras essentiel oméga-6 à longue chaîne issue d’huile d’onagre bio (6 à 9 % de GLA) ou d’huile de bourrache bio (16 à 25 % de GLA). Le GLA est converti par l’organisme en DGLA dont le lait maternel est la seule source alimentaire connue. Il participerait à la structuration du système immunitaire chez le nourrisson.

Il est conseillé d’ajouter, par mois d’âge, une goutte (environ 0,5 à 1 ml) d’huile biologique vierge de première pression à froid d’onagre ou de bourrache (apport en oméga 6 GLA) ainsi qu’une goutte d’huile de cameline (apport en oméga 3).

Il est aussi possible pour l’huile d’onagre, d’ouvrir une gélule achetée en pharmacie ou en magasin diététique (par exemple, BIOLEINE chez NUTERGIA).

Attention à ne pas les chauffer, ajoutez-les au dernier moment dans le biberon ou dans l’alimentation, car la cuisson dénature les acides gras essentiels.

La spiruline

La spiruline est une cyanobactérie, assimilée à une algue, vieille de plusieurs milliards d’années. Elle est un véritable trésor nutritionnel, apportant l’ensemble des vitamines (mais peu de vitamine C), des minéraux et des oligo-éléments, sous des formes très facilement assimilables par notre organisme.

Les études montrent que la spiruline contient 60 à 70 % de protéines parfaitement équilibrées et assimilables. En effet, les protéines de la spiruline séchée sont à plus de 83 % digestibles, ce qui en fait les protéines les plus assimilables existantes ! Pour l’UNESCO, la spiruline est « l’aliment idéal et le plus complet de demain ». L’OMS, quant à elle, déclare : « c’est le meilleur aliment pour l’humanité au XXIe siècle ». Le fer de la spiruline est deux fois plus assimilable que celui des légumineuses et des viandes. De par sa haute concentration énergétique et nutritionnelle, je recommande des petites doses, parce que les émonctoires des nourrissons sont encore limités dans leurs fonctions d’élimination. Tout ce qui est en excès va devoir être éliminé, donc favorise un surcroît de travail pour l’organisme.

La spiruline en poudre présente l’intérêt d’un dosage « homéopathique ». Une pointe de couteau, deux à trois fois par semaine dans l’alimentation ou dans le premier biberon du matin est conseillée. Ces petits dosages ponctués dans la semaine améliorent l’alimentation de l’enfant, et l’organisme prélève ce qui lui est nécessaire. Les bébés n’ont pas besoin de grosses quantités, c’est la bio disponibilité qui est importante. L’exemple du lait maternel avec sa faible teneur en fer ou en calcium montre bien qu’il ne s’agit pas de quantité, mais bien de biodisponibilité.

Pendant au moins six mois, le lait maternel procure la totalité des besoins nutritionnels de l’enfant et tout doit être mis en place pour que chaque maman puisse allaiter son bébé. Lorsque cela n’est malheureusement pas ou plus le cas, les bons choix doivent être faits en optant pour des préparations pour nourrisson de qualité supérieure. A 6 mois, lors de la diversification, on pourra introduire les laits végétaux en poudre. Dès 9 mois ou 1 an, si l’allaitement est insuffisant ou inexistant, il est intéressant de diminuer peu à peu les apports de lait industriel au profit de produits laitiers bio de qualité (chèvre ou brebis de préférence) et si l’enfant ne présente ni allergies, ni intolérances aux produits laitiers : faisselles bio, fermières (2), au lait cru, yaourts bio, fermiers (2) ou même lait cru, bio, non homogénéisé (2). (la crème doit former une couche en haut de la bouteille ou du pot de yaourt).

Enfin, précisons que dès l’âge de deux ans, les produits laitiers ne sont plus indispensables.

NOTES:
1 – Décomposition chimique d’une substance par l’action directe ou indirecte de l’eau, de façon qu’il apparaisse de nouvelles molécules2 – En général les produits fermiers sont fabriqués à partir de lait non homogénéisé. On reconnaît un produit non homogénéisé au fait que la crème forme une couche à la surface: en haut de la bouteille ou du pot de yaourt.

Notre naturopathe, Candice Levy

Candice Levy est naturopathe spécialisée dans l’accompagnement de la femme enceinte et du jeune enfant.

Auteur de « Quels laits pour mon bébé ? » édition Le souffle d’or. Praticienne en Hypno-natal et sophrologue.

Conseillère en lactation, maman de deux enfants, elle propose un accompagnement global pour gérer sa santé de manière naturelle et efficace. Elle anime des conférences, des ateliers autour de l’alimentation du jeune enfant et familiale et la pharmacie naturelle de l’enfant.

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